
La 61e Biennale de Venise sous le signe de l’introspection
L’exposition principale de la Biennale de Venise de cette année s’intitule « In Minor Keys », selon la conception de la regrettée commissaire d’exposition Koyo Kouoh.
Dès les journées de pré-ouverture, auxquelles ont également assisté les représentants du Centre culturel de Serbie, il était clair que cette édition s’inscrivait dans des tonalités plus discrètes et introspectives. L’accent a été mis sur la mémoire, la vulnérabilité, la perte, les états intérieurs ainsi que sur la nécessité de nouvelles formes de lien et de relation.
Dans le cadre du pavillon serbe a été présenté le projet de Predrag Peđa Đaković, « Through Golgotha to Resurrection ». Lors de l’inauguration officielle du pavillon ont pris la parole le ministre de la Culture Nikola Selaković, l’épouse du président de la République Tamara Vučić, l’artiste Predrag Peđa Đaković ainsi que le commissaire Tomaš Koudela.
L’installation de Đaković se compose de trois ensembles liés entre eux : un mur photographique constitué de traces documentaires, d’anciennes valises de voyage, ainsi qu’un travail sonore et vidéo mettant en scène un piano. L’œuvre ne présente pas la mémoire comme un passé clos, mais comme une expérience qui revient sans cesse et se relit continuellement dans le présent.
Les valises évoquent le départ, le déplacement, l’exil et la perte du foyer, mais aussi la question de ce que l’être humain peut emporter avec lui à travers les fractures de l’Histoire. Le son du piano introduit une dimension de durée et de silence, si bien que l’ensemble de l’installation se vit comme une méditation sur la mémoire, la perte et la possibilité d’une continuité. Dans l’atmosphère de l’exposition principale « In Minor Keys », l’œuvre de Đaković apparaît retenue, émotive et universelle.
La France est représentée à la 61e Biennale de Venise par l’artiste Yto Barrada avec le projet « Comme Saturne », conçu par la commissaire Myriam Ben Salah, dans le pavillon français rénové. Le projet aborde la mélancolie, la lenteur de la pensée, les matériaux, le textile et les traces de disparition, s’inscrivant ainsi dans la continuité du ton plus discret et introspectif de l’exposition principale « In Minor Keys ».
Comme tout grand rassemblement artistique international, cette édition de la Biennale s’est également déroulée dans un contexte social complexe. Aux côtés du ton mesuré de l’exposition principale, certains pavillons et programmes parallèles ont proposé des approches artistiques plus affirmées et ouvert des réflexions sur le monde contemporain, l’expérience historique et la place de l’art aujourd’hui.